Poésie surréaliste NotesMat15

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Sur le dos des éléphants

Elle n’avait pas peur de monter sur le dos des éléphants qui se vexaient bien souvent pour un rien et elles avaient quelque chose de nuptiale ses parades que je qualifiais malgré tout de mystiques ; à cette époque du récit qui ressemblait de près ou de loin à de la démence, les elfes nous accompagnaient encore mais quand une dizaine de skinheads nous barra la route, ils nous faussèrent compagnie…

Le mauvais œil nous suivait, en ravivant des émeutes, et lorsqu’elle descendit d’un éléphant à rendre fou des pluies de moellons, l’or qu’on avait amassé dans les mines de Jupiter et de Saturne se volatilisa ! Autant dire que le commencement de notre odyssée avait un goût de scarlatine un peu trop coriace. Cependant la nuit avançait et le cœur battant nous étions toujours en train d’escalader les cimes étincelantes avec notre cohorte d’éléphant ; des éléphants qui s’étaient soudés entre eux pour se rebeller contre leur condition de travail et je regrettais déjà d’avoir échangé mon van, dont j’étais anciennement le moteur par la pensée, par synesthésie, pour ces mastodontes.

Ils étaient brutaux et réveillaient tout le quartier quand nous passions près d’un lieu d’habitation nous ne pouvions que nous alcooliser sous les ponts en attendant que l’envie de parcourir les sept mondes les reprenne…