Poésie surréaliste NotesMat15

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L’odalisque en colère

Quand s’avilissaient les explorateurs et tous ces vagabonds bien braves, la houle, rapprochant les fleurs humides et rubescentes entre elles, s’amusait à enlacer les veuves fantasques… J’avais confiance en son pouvoir, et d’océans désabusés en océans en colère, je traversais les sept mers qui ferlaient des horizons blêmes et déments.
Elle avait la même blancheur laiteuse que le feuillage des arbres autour de nous. Dans un silence absolu, je chuchotais à son oreille qu’on ne parviendrait jamais à cueillir ces hautes herbes couchées par la brise.
A mesure que je m’approchais et menais mes investigations, j’admirais la grande fresque d’une odalisque qui semblait nous promettre des rêves macabres pour cette nuit. Et en parlant de rêve, Cassandre m’exhortait à frotter le cuir de ces mastodontes nécrovores que nos cauchemars déniaisaient. Mais le lendemain, à la même heure, existeraient-ils encore dans l’imaginaire d’un ivrogne irlandais ?

Et cette odalisque m’embobinait, je le savais, mais j’avais toujours ces explorateurs d’un autre temps et ces vagabonds d’une autre trempe, de mon côté ; je pouvais compter sur eux pour voir les corps des médiums se convulser sous le supplice de la corde et après ce serait une époque encore davantage ténébreuse….