Sa chevelure flottait dans l’air avec le refrain de Stéréo Total, et les glapissements des autres bêtes perçant comme par synesthésie magique twittaient le même genre de poème que cette créature aux doux yeux de larves… et pour décrire cette scène qui s’était passée dans l’atelier de Charles Baudelaire, elle mettait de la lumière, en ce dimanche matin, jusqu’en haut des cimes, hors-jeu tant elle s’était acharnée à démystifier les litanies de Baudelaire.
Tant cette beauté s’était aussi acharnée à nous refourguer des vies antérieures qui prenaient la forme bien grunge d’une nuit de pleine lune, et on n’allait pas chômer pour les conceptualiser ; on n’allait pas chômer non plus pour nous aguerrir à l’art martial des éminences intergalactiques… et à présent elle baignait dans la grande marmite de rubis où l’Aneurysm de Kurt Cobain reposait fastueusement.
Sa jouissance perçant de l’obscurité, les bals fantasmagoriques se cassaient du ciel londonien, les fleurs de lotus se fanaient, les cartes de géographie instantanée s’effaçaient, et toute notre bande de jeunes n’improvisaient que du rififi dans les squats abandonnés, dans les souterrains où quelque part se cachait l’énigme des arêtes de poissons. Toujours dans l’obscurité, cette supercherie disparut doucement, presque à la manière fantomatique d’un spectre et le Nirvana rendit l’âme, sidéré par les paysages splendides que nous avions souillés : des plaines aux faibles lueurs et aux parfums d’été permettant de dormir profondément, où les zèbres broutaient comme si c’était la dernière nuit de l’enfer mais aussi des villes comme New-York que des chevaliers teutoniques prenaient plaisir à raser. Et pour ce qui concernait Baudelaire, les écrans de cinéma ouvraient l’application Twitter afin de l’inciter à pervertir tout ce beau monde ; même les enfants, qui d’ordinaire n’ont comme seule lumière que l’impétuosité des vagues océaniques, piaulèrent quand ils virent la célèbre impératrice se dénuder. Et tout rentra dans l’ordre par la suite, à force d’étudier les bouquins de Charles Baudelaire, à force de lamper de grandes rasades de vodka sèchement tendancieuse en écoutant l’Aneurysm bien grunge de Kurt…
