Poésie surréaliste NotesMat15

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Saison rouge et noirceur crépusculaire !

La nuit nouait les cheveux de ces nymphettes déchaînées ; et pour colorer la noirceur en rouge et mendier quelques sanguins blancs pâles et lunaires dans le lointain un moine castré devait probablement se masturber face à la vision qu’il avait de leur personne. Car la nuit ressemblait à la peinture d’un moine castré… Sans émotions ni parjure, une nuit fugitive et stridente.

Je sentis monter en moi un sentiment de mélancolie gluante. J’avais comme un blues qui me peignait le cœur en mauve. J’avais besoin de dormir. J’avais besoin d’une cigarette ; le moine m’avait parlé de ces soirées sadomasochistes qui avaient lieu sur Paris, cet ancien lieu de perdition où toutes les quêtes et toutes les propositions indécentes étaient parodiées par les gens des palaces, des palaces aux voûtes d’un bleu ornithorynque ou vénitien qui, sans raison, avaient occulté le secret des Portes des Orients. Et pour ces soirées que les gens des palaces nous enviaient quand même, j’avais cherché avant sur le web si les nymphes devaient s’habiller en cuir noir canonique avec des masques de perles en onyx ; je n’avais rien trouvé pour des raisons évidentes, les résultats sur Google ne me proposaient que de me rediriger sur Youporn.

La nuit avançait, et peut-être que nous avions déjà raté le rendez-vous des sadomasochistes qui, à l’heure où j’écris ces lignes, se sont définitivement dévoués à la faire muter cette drogue qu’on appelle l’Hélicéenne pour les beaux yeux de ces deux nymphomanes… les cheveux en désordre à présent elles cherchent dans leur sac à main un briquet Zippo pour allumer cette substance psychédélique que d’autres soumis rêvent de fumer dans les souterrains sans comprendre le réel potentiel de l’Hélicéenne…