Les ingénues qui déambulaient dans la salle du théâtre formaient silencieusement des mots avec leurs lèvres et dehors le ciel était si crépitant de désirs mortels qu’il baguenaudait comme les potentats occupant la scène du théâtre. Je m’arrêtais parmi eux pour reprendre mon souffle, tentais de discerner les points lumineux sur les écrans de leur téléphone portable, mais la pénombre était si dense qu’on ne voyait pas grand-chose.
Mon cœur battait la chamade, et je nageais plus que je ne courais, dans ce plasma d’artistes qui auraient vendu père et mère pour me rouer de coups de tatanes ; il y avait en moi trop de choses qui rechignaient à attendre l’acquiescement du Patron…
Des poulies, toutes enchevêtrées entre elles, pendouillaient en étoffant le vide qu’on surplombait bien plus bas et précipitaient notre perte ; ce gouffre qu’on surplombait encore bien plus bas en le régénérant jusqu’à ce que notre enveloppe charnelle disparaisse ; et dans une vapeur ou dans une brume de troisième zone, seuls encore quelques méridiens, fastueusement, étouffaient d’autres idées de revanche qu’on sentait imminentes…
