Poésie surréaliste NotesMat15

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Le paradoxe onirique…

Comment étais-je arrivé ici ? Elle m’avait trouvé dans la tempête, complètement gelé sur le porche de l’immeuble, m’avait sur son dos transporté comme tant d’autres rêveurs (un rêve se contentant en réalité d’une version hautement fumeuse mais c’était nous tous qui rêvions) et éclairés à contre-jour par un faisceau de lumière qui sortait du portail où ils s’étaient regroupés, des pendus l’avaient aidé à casser la glace… J’étais encore entièrement recouvert de glace, je ne sentais plus rien quand soudain l’ordinateur façonnant le rêve avait cylindré un autre parchemin, un autre scénario pour moi : j’avais à présent une force exceptionnelle venant de ceux qui hantent les ténèbres, une robustesse déconcertante qu’on ne prête qu’aux inlassables démons, une solidité à toute épreuve mais, en même temps, c’était ce qui allait précipiter ma perte.

Les pendus étaient devenus de simples joueurs de dés, ils avaient peur que le temps chronocinématographique de cette rêverie coagule et abandonne l’idée de passer ; cette peur que l’ordinateur falsifiait pour faire courir ses lignes de codes et générer de terribles blizzards ; mais calmement ce matin je me réveillais en regardant par la fenêtre le ciel se zébrer d’éclairs froids et entendais près de moi l’océan tumultueux qui mettait fin à ce monde mourant. Et me rendormais, confiant parce qu’il allait inculquer aux mercenaires oniriques ce pouvoir d’en découdre avec n’importe quelle bataille, n’importe quel paradoxe !