Poésie surréaliste NotesMat15

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Scellé avec le Baiser des Canards Boiteux !

Les canards boiteux nous avaient capahuté lorsque les messages écrits sur notre téléphone portable s’étaient jumelés avec les prénoms de nos femmes étant mortes de chagrin… les canards boiteux poursuivaient un rêve inaccessible, ce rêve ? Il se personnalisait quand la neige tombait et sa douce torpeur s’élevait pour rejoindre par télépathie des orients démarchant d’autres canards boiteux ; et toujours par télépathie ils s’incarnaient dans les miroirs de bordel… Comment alors, sur le papier de la machine à écrire, leur céder un peu de place quand on pense qu’ils quadrillaient même les univers parallèles se perpétuant et se régénérant dans les cryptes nazaréennes ?
Par hologramme ils avaient aussi castré notre jument, un petit cheval rouan d’une maigreur lamentable, une de ces rosses auxquelles les moujiks font parfois tirer de grosses charrettes de bois ou de foin, et qu’ils accablent de coups, allant jusqu’à les fouetter sur les yeux et sur le museau, quand les pauvres bêtes s’épuisent en vains efforts pour dégager le véhicule embourbé.
Les canards boiteux d’en haut eux venaient de nous prévenir d’un danger imminent mais nous étions trop abrutis par le froid, le désespoir et l’absence d’imagination ; et de l’imagination il en manquait quand des meutes de fossoyeurs, de représentants en pharmacie, de kinésithérapeutes, de grooms, de boulangers, de guichetiers ne devinrent que des ombres inertes… des ombres qui se finissaient à l’eau de Javel, qui déterraient la petite jument désormais fossilisée, et qui étaient bien de notre monde, certainement pas dans celui qui nous avait fait défaut lorsque les chamans de Sibérie rêvaient de se joindre à l’univers impitoyable des canards boiteux…