Les émeutes s’indignaient pour ne pas disparaître, les rêves cravachaient pour faire du napalm, et je me gaussais de leurs idées farfelues. Une escouade de journalistes avait repéré une planète encore inconnue, perdue parmi les constellations célestes ; j’en avais fait mon petit-déjeuner et leurs ombres frémissantes cannibalisaient des poux et les âmes des veilleurs de nuit : une sorte de Présence qui s’opacifiait uniquement dans la pénombre…
La pénombre, qui en grandissant, gaspillait sa poussière pestilentielle tant elle en avait en stock, et ce fut bien dans la pénombre que j’aperçus pour la première fois cette peinture revêche et noire comme l’ébène de Van Gogh… elle représentait un visage de jeune fille que les dieux à genoux avaient pris pour modèle et que des guerriers asiatiques avaient mis du fard sur ses paupières. Des maraudeurs qui l’avaient abandonné dans une crypte nazaréenne et les murs s’évanouissaient lorsqu’on touchait ce portrait qui aurait très bien pu être aussi de Rembrandt. Pour chaque crépuscule, pour chacune des attaques dévastatrices de ces mercenaires, l’impératrice dessinée sur la toile venait fleurir leurs tombes et pour moi c’était enfin l’heure de l’écriture automatique…
