Poésie surréaliste NotesMat15

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Nuit d’émeutes pour Hunter S. Thompson et Artaud

Hunter S. Thompson voulait partir à la recherche de la nuit verte de l’Alaska qui n’avait pas cinq ans devant elle et qui semblait sur le point de sombrer avec ses mercenaires. Avec leur Kalachnikov ces guerriers de la route, prêts à en découdre avec son humeur massacrante, lui avaient indiqué la position du Magic Bus où se cachait le dernier ouvrage d’Artaud, l’ombilic des limbes ; sa prose poétique qui l’avait fait tanguer et qui avait pour but de tromper l’ennemi !

L’ennemi ? L’ombilic des limbes l’avait fait disparaître en avalant aussi au passage les idées néo nazies du débat télévisé de hier soir et à cet heure nuptiale avec une forme olympique pourquoi s’acharnait-Il à faire choir du haut du van les pages du bouquin de Thomson qui s’étaient disséminées à travers l’Alaska, portées par un vent glaçant les haillons d’Artaud aux couleurs chairs ? La nuit verte qui n’avait pas cinq ans devant elle semblait sur le point de sombrer avec ses mercenaires. Et les guerriers, prêts à en découdre, n’avaient pas lu le grimoire d’Artaud mais il était évident qu’ils retourneraient entièrement à leur ancien état de névrosés, de cul terreux malveillants ; pour explorer les univers parallèles nazaréens que l’ombilic des limbes avaient fait s’évanouir, ils devaient tous passer par de chagrineuses semaines.

Le journaliste Gonzo fut aussi avalé par de gigantesques trous noirs que les personnages du grimoire d’Artaud avaient fait converger au moment où les glaciers de l’Alaska disparaissaient… ces élus, ces Êtres vaguement humains dans le livre d’Artaud voulaient épancher leur soif de violence ou au contraire leur soif de mansuétude pour faire disparaître les Esprits en transe après avoir lu Thompson. Des transes qui avaient tout l’air chamaniques et qui annonçaient le retour des émeutes d’antan quand les sources de mezcal s’étaient taries, quand les menaces d’extinction de l’espèce et les divers outrages et les autres blasphèmes ne se retrouvaient plus que dans les recueils de poésie d’Artaud.