Poésie surréaliste NotesMat15

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Hokkaido Rimbaldien.

Je calculais combien allait me coûter la consultation, en attendant dans la salle d’attente du cabinet de la doctoresse, combien d’hommes fallait-il pour détruire ces murs en plâtre blanc et ces coupoles qui illuminaient le fin fond de mon terrier. Les voies lactées se régénérant, incarnant la force cauchemardesque du médecin en temps de peste, alors que le ciel devenait de plus en plus noir, la scène se passait au sous-sol, et la doctoresse avait déjà badigeonné mes plaies avec de l’alcool à brûler.

J’étais revenu malgré tout presque indemne de ma virée nocturne dans les sous-bois. Mais la Dame Blanche errait et sévissait toujours.
Le lendemain, j’étais dans les souterrains de son hideuse corporation, persuadé que toutes les légendes étaient truquées, persuadé aussi qu’on n’avait pas vu pareil spectacle au centre de l’arène où des ménestrels et des hackers jouaient une étrange pièce de théâtre… Une banquise regroupant à la fois des horizons de cendres, et d’autres visions vertigineuses s’effondra sous les coupoles, illuminées comme des guirlandes de Noël. Et des flammèches autour de moi, redoublèrent d’effort suite à cet effondrement pour mettre feu aux poulies, toutes enchevêtrées entre elles, qui ne servaient qu’à se précipiter bien plus bas dans ce vide…

Ce gouffre qu’on surplombait, et le dérèglement de tous les sens des hackers et des ménestrels disparut instantanément à mesure que les méridiens de ma main disparaissaient aussi ; et dans une vapeur ou une brume de troisième zone, seuls encore mes méridiens, représentés par des points lumineux sur les écrans de la secte, avaient ce pouvoir unique de modifier l’architecture cauchemardesque des plans conçus par un menuisier original et primitif qui avait bâti ce monde souterrain, cet égout où la Dame Blanche prononça l’exorde avant de s’octroyer des nids d’autruches et de belles plaines humides recouvertes de gazon…