Poésie surréaliste NotesMat15

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Gargouilles et autres pensées !

Cette nuit-là à Kyoto, il avait neigé ; et on pouvait entendre le jazz de Key West dans les tavernes où des caravanes de journalistes s’étaient réfugiés… cette nuit-là aussi, pour Rembrandt, il avait neigé et dans les salons parisiens les cyclopes londoniens se réjouissaient de ne pas le voir apparaître dans leurs encyclopédies. Et cette nuit-là je me remémorais cette scène quand tous ces intrus, ces caravanes de journalistes avaient regagné leur repaire.

Que dire des vieilles rêveries que ces grands hommes avaient recherché si ardemment et pourquoi trouvaient-ils que cette époque ne méritait que le silence. Mais soudain à la page 486 et à la page 487 quand j’ouvris le livre des grands silences j’eus cette illumination fulgurante : il y en avait toujours quelques uns pour réfuter le pouvoir inexorable de cette alchimie du verbe rimbaldien dans leur monde d’iconoclastes… mais justement leur monde, jusqu’à maintenant, n’avait récolté que l’élégance, la science, la violence de cette petite ville spectrale ; élégance, science et violence qu’on pouvait retrouver dans leurs encyclopédies sous forme d’illustrations amusantes.

Cette nuit-là ils se questionnaient sur leur pouvoir de séduction et voyager dans les diverses provinces grouillantes de gnomes les rebutait. Des gnomes aux faciès difformes, des philosophes vindicatifs qui comparaient l’écume des vagues riantes à la bave des chameaux du Kansas. Auraient-ils trouvé la recette du bretzel le plus énigmatique si ces caravanes de journalistes avaient accéléré en quelque sorte leur arrivée sur le territoire ? Il n’y avait personne pour me le dire mais ça ne m’empêchait pas de penser à la remise de leur prix littéraire quand j’étais dans le train ; un train qui m’emportait loin de cette ville spectrale, alors que les mouettes et les oiseaux clabaudeurs se querellaient encore, sans comprendre le réel dilemme de mes pensées…