Poésie surréaliste NotesMat15

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La belle famille du poète

Pour le troisième œil du poète et pour chaque nuit rouge, prôner une nouvelle éducation sexuelle plutôt fantaisiste… et pour l’opium, pour fabriquer du savon façon Tyler Durden, des qualités fumeuses, parce que nous sommes imparfaits, parce que nous sommes perfectibles… pour le troisième œil du poète et pour toutes les profondeurs insaisissables de nos lacs artificiels, maintenir à l’état liquide, à l’état gazeux, chaque embryon humain ou provenant de la reine des rats ; pour le troisième œil du poète ou pour les demeures ancestrales coloniales, les faire revenir à l’état de braises à peine refroidies.

Il y avait encore de la place pour d’autres pensées dans nos cerveaux ; nos cerveaux où quelques créatures tisonnaient ce peu de chose qui recelait nos moments passés à éprouver l’efficacité du troisième œil du poète. Et puis il n’y eut plus rien. Le troisième œil du poète, jamais les voies lactées ne se résoudraient à le régénérer de leur puissance cauchemardesque.

Cependant, perché sur la plus haute branche, un poète comme Rimbaud, essayait quand même de capter des ultrasons pour finaliser son poème ; la force cauchemardesque des voies lactées ne s’intéresserait désormais qu’à donner aux médecins des temps de peste noire… et depuis que le ciel était devenu de la même couleur que le charbon, les lendemains tombaient dans un gouffre sans fond.

À ce moment là, on pouvait dire sans crainte que toutes les légendes étaient truquées, mais nous restions persuadés que si la nuit avançait encore, les ménestrels et les hackers ne devraient pas tarder à retrouver leurs yourtes perdues au beau milieu de nul part ; déjà un étrange spectacle se préparait : au centre d’une arène ces doux rêveurs jouaient une phénicienne pièce de théâtre… des horizons de cendres semblaient alors séduits par leur représentation !