Poésie surréaliste NotesMat15

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Pastel

Elle se plaignait de Kurt Cobain, du symptôme des anguilles ; elle aimait minauder et elle affectionnait la bienheureuse corrélation du Pastel… et de mon côté, je la connaissais par cœur, j’avais visualisé son arrivée aux Marquises et anticipé l’inauguration de son règne maléfique. En cherchant des têtards qui gobaient l’authentique soleil du nouvel an, j’étreignais le végétal comme le minéral, pour parvenir au but, à son but…
Elle était parvenue à un point où le récit dérapait, et cette nuit-là, la lune s’inspirait du livre de Tristan Garcia, de La Ruche et de La Rouge autant qu’elle s’intéressait aux références de Lovecraft. Même les plus belles histoires de Revenants ne s’attendaient pas à la voir revenir, et, dans leur méninge, il y avait tous les ingrédients, toutes les différentes étapes pour épousseter toutes ses vieilles angoisses… Alors, en m’enfonçant dans la vase rafraîchissante et brute, je m’étais demandé si elle n’avait pas déjà vécu sa dernière et grande bataille contre l’occident. Une grande bataille contre l’occident pour son agitation maladive. Un combat acharné pour désamorcer sa puissance fiévreuse, tandis que la teinte du ciel virait au mauve avant de bleuir à nouveau.
Dehors les iconoclastes, qui ne méritaient qu’une bonne correction, colportaient sa rumeur ; à l’intérieur de notre cabane le thé s’infusait et le temps passait comme il pouvait, et sur mon carnet de voyage je décrivais la quintessence des fleurs, et des campagnes en Russie, le doux pastel rutilait à présent.