Pour des aventures fantasmagoriques et des amourettes délurées, la route l’attendait. Il me semblait que des mygales géantes couraient d’un nuage à l’autre dans le ciel ; un étrange bug informatique court-circuitait notre ordinateur tandis que la pluie crachotait dehors. Et dehors c’était morne, tellement morne que même les moines bouddhistes cravachaient pour faire disparaître cette torpeur mentale.
Pour des odyssées en Orient et des voyages sans fin, la route l’attendait. Elle avait entendu dire qu’il y avait, pas bien loin, un sanctuaire zen. Et pendant que les mygales dans le ciel s’alimentaient (une gloutonnerie qui rappelait celle de Gargantua) elle visita Tokyo, le Bengale puis la Thaïlande et fit des rencontres improbables avec des hommes qui avaient muté, changé de sexe et de physionomie ; une mutation presque hilarante pour elle si j’en crois ce qu’elle racontait.
Cependant ce n’était peut-être qu’une histoire de plus, qui déplorait elle-même ses outrances langagières et thématiques… je tirais sur ma pipe d’opium en l’écoutant mais ces derniers temps il n’y avait que la morphine pour me calmer un peu ; et lorsque les immenses mygales se ratatinèrent au point de devenir de minuscules morpions, les données des Sociétés de Géographie maritime du XVI et XVII siècles furent effacées de notre ordinateur ; la torpeur qui les avaient fait naître, fut absorbée dans le cosmos.
