Le secret est une drogue puissante.
Les sorcières qui nous avaient introduit des krills dans le nez, engloutissaient aussi les dernières cendres du mois de janvier qui se gaussaient des jours phagocytés… nous n’étions plus que des représentations aussi végétalisées que figées, peinant à retrouver nos migraines dans nos crânes de cristaux verts ; nos crânes sur lesquels un circuit électrique en manque de puissance nous réaccoutumait à son primitif souvenir : celui, où échoués sur une plage de sable fin, les insectes, après la mousson verte, dessinaient pour nous des moûts incas qu’on avait fait bouillir dans de grandes écuelles.
Et ces flaques où on observait des tas de mondes grouiller, préoccupés par une angoissante voix off, effrayaient tout autant qu’elles décervelaient ; et elles se déplaçaient, d’après les rumeurs des anciennes Portes Rouges, dans les méandres des égouts de la ville. Une ville conçue à la base pour ne pas perdurer… opiniâtre, mais sans vraiment exprimer son désir d’émancipation, sans jamais apparaître aussi dans les encyclopédies, la cité des répudiés mourait lentement mais sûrement. Pour le mois de février qui était un monstre, les sorcières allaient-elles attrapé la rage rouge et noire, le mal de vivre des philtres, la panne d’inspiration après l’écriture de leur chronique un brin morbide ?
