Poésie surréaliste NotesMat15

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Le Roi du Hasard

Au beau milieu des vieilles lanternes qui se réchauffaient comme elles pouvaient, qui s’allumaient le soir, on donnait des granulés à ces larves jaunâtres. Les verres tombaient et se brisaient quand on entendait leurs cris… leurs cris et leurs détresses qui nous aidaient à imaginer des tauromachies, à tout casser ; les seringues craquaient aussi sous les semelles et elles déploraient la place psychédélique de tous ces univers semés d’illusoires oasis, mais il y avait aussi deux squelettes qui me considéraient d’en haut sur les rives du Styx. Pour chambouler leur rituel, je m’étais rabiboché avec Beth qui pour un brin formaliste n’allait pas transiger pour utiliser un langage grossier à tout bout de champ, et ce rêve infaillible planait juste au-dessus de nous comme s’il attendait impatiemment de pouvoir nous laper, d’être également lapé…
Lorsque les océans de phosphate s’approchaient, un entonnoir se déployait et venait se poser autour de sa proie qui, ainsi immobilisée, et malgré tous ses efforts, étaient rapidement avalée et vidée de tous ses sucs.

Ces deux squelettes, qui me considéraient d’en haut sur les rives du Styx, me racontaient l’histoire d’un club de gens riches ; et je m’étais rabiboché avec Beth uniquement pour importer des enfants affamés de l’étranger, ils mangeaient dans des auges et pour un brin formaliste vouaient un culte au Mérovingien, le roi du hasard. Ce culte pour majorer le prix de la noirceur, qui, selon le Mérovingien, n’était qu’une fausse couche d’espèces mutantes, reptiliennes ou presque humanoïdes… et dans un autre film onirique, le mal des anguilles et des serpents noirs commençait à lentement se matérialiser…