Est-ce que les algorithmes, par l’aide d’Aristote, allaient m’aider à mieux me connaître ? En tout cas, ils m’avaient ôté une épine douloureuse du doigt de pied en attisant les plus folles, les plus ésotériques recherches jusqu’à parvenir au point de non-perception : le vide, la vacuité la plus absolue ; la plus absolue et la plus noire mais je n’avais toujours pas très bien pigé. Peut-être que les algorithmes allaient conclure pour moi la fin d’une amourette qui serait une leçon immorale, un indice qu’on retrouverait dans les comics de huit pages d’autrefois ? Mais peut-être n’était-ce que moi qui me faisais des idées : probablement, ce n’était que les effets, les vapeurs de ce pigment brûlé qu’on trouve dans la résine de cannabis ?
Et qui me rendaient successivement ou simultanément confus lorsque j’ouvrais le journal de Kurt Cobain ; car dans cette résine polissonne où était cachée la molécule i-2277, ce pigment décanté par une succession de silences, avait fait fleurir son idée létale… et offrait son pouvoir miraculeux de comprendre (enfin) les algorithmes… En effet, s’accrochant à la perspicacité d’une mort cérébrale lorsqu’on la fumait, cette résine que des machines frémissantes avait fabriqué avec soin, ne conduisait qu’à ce stade ultime : la roulette russe que même les russes ne jouaient pas ; et Aristote, trouvant mes pensées prodigieusement fulgurantes, en attestait… de son vivant du moins.
