Poésie surréaliste NotesMat15

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La danse dans la boue.

Une danse inouïe dans la boue pour ne plus craindre les questionnements hasardeux… Une douleur incertaine et quelques secondes plus tôt, la grande prêtresse vêtue d’un simple négligé… Puis un hippodrome, et son sol en marbre où l’on balance des sceaux d’eau pour faire des putains de glissades sur le ventre en criant que les plans machiavéliques se sont échafaudés tout seuls ; des plans pour se débarrasser des humains devenus trop gênants. Mais notre reine va subir l’outrage du temps.
Une colonie d’insectes qui a fait croître dans les tunnels obscurs un régiment hindouiste de larves, puis, de la taille du Parc des Princes, des nuages qui s’approchent de Mandeville en riant et qui se cramponnent à la possibilité de faire valser les têtes des danseurs ; même les monologues des orateurs idolâtrés ne peuvent les éloigner de cette possibilité ; et jusqu’au dernier survivant, la seule drogue pour cramer les cheveux hirsutes, l’Hélicéenne, avec, en fond lancinant, la nuit à Mandeville qui capitule et rend l’âme fastueusement.
Son pouvoir inexorable et de nombreux sacs en carton, couvrant le crâne en grès noir des irrésistibles gaulois ; des celtes qui ne sont pas à la hauteur pour surpasser le machiavélisme de ces nouveaux spécimens de mantes religieuses, et du machiavélisme il y en a aussi pour rebuter les âmes tourmentées, primitives ; des âmes qui ont feint la folie pour rester encore quelques siècles dans le monde des insectes. Des âmes de paysans ou de randonneurs qui ont gaspillé leur temps pour les étudier.

Alors que les insectes connaissent déjà tous Shining, cette histoire d’un mec qui est tellement saoul, quand il pense pouvoir torcher un roman sur une machine à écrire. Alors qu’il a une salle de réception pour lui tout seul, il ne pense qu’à remonter le courant du fleuve de la vallée de l’Asaro. Et quand nous voyons le spectacle on se dit que c’est impossible… impossible de rester de marbre aussi, de résister à la tentation de rester toujours hiératique lorsque les insectes commencent à nous manger et que les aborigènes déterrent dans la boue les griffes de leur démon, ce qui témoigne qu’on est bien dans un folklore bien chelou.