Poésie surréaliste NotesMat15

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Le pentacle

Le pentacle l’accueillait à présent, lui laissant la possibilité de transformer son sang en sang de dragon et ses yeux étaient pareils à des braises ardentes… et je me doutais qu’elle me réservait encore bien des surprises. Ses crocs disparaissaient, ses yeux excités devenaient vitreux et ne voyaient qu’un nombre toujours croissant de victimes.

Elle avait, à Londres, fait la une de tous les journaux : maintenant on la tenait responsable du smog londonien et, tandis que l’air du soir s’imprégnait des derniers râles des agonisants, elle traînait encore avec des fêtards débraillés, éméchés qui étaient entrés en force dans son Saint Sépulcre. Je ne savais pas si elle avait apprécié la plaisanterie mais je savais qu’ils appartenaient tous au culte du Mérovingien. Ce culte pour majorer le prix de la noirceur, qui, selon le Mérovingien, n’était qu’une fausse couche d’espèces mutantes, reptiliennes ou presque humanoïdes…

Un culte qui reflétait la magnifique complexité des quartiers financiers de New-York et en transmettant et amplifiant des séquences d’images sur son ordinateur elle avait démontré qu’elle pouvait très bien se passer de la modernité. Cette nuit, son œil droit deviendra complètement blanc, la conduisant à une vision réduite et l’empêchant de faire taire le dialogue des machines, tandis que ses symptômes psychiques seront plutôt d’ordre autarciques. Cette nuit les lits seront alors jetés dehors, les moquettes arrachées et le pentacle des sept dragons s’effacera, l’emmenant loin dans les limbes.