Je semais sur tes yeux morts les aiguilles d’or de la Buena Ditcha ; tes yeux morts par un trop-plein d’histoires surnaturelles et c’était inlassablement la même nuit où j’avais vu passer dans un état second des trains de marchandise, dans ces tunnels où j’errais.
Il y avait encore des solutions d’habitation ailleurs mais le travail d’orfèvrerie des gnomes qui traînaient avec moi dans les tunnels avait planté ses aiguilles d’or profondément à l’intérieur de notre esprit se retrouvant à l’ouest le plus occidental, cet esprit qui pour un poison ambré piégeait la logique qu’il meurtrissait… Et qu’on interrogeait via des oracles en la soumettant à un astucieux QCM.
Ce QCM ? Irréel quand ses limites spirituelles partageaient les lacunes de ces êtres en question en les invitant à redessiner l’imaginaire saison rouge… à faire appel aussi à l’imagination.
J’étais né après la période post-grunge et ma vie jusqu’à maintenant avait été une interminable incarcération dans ces tunnels. Dans ces lieux, j’avais composé black insects, une chanson avec une mélodie lancinante, déchirante. J’avais longtemps rêvassé, m’étais inspiré des forêts denses de Lake District, des ruines des vieilles bâtisses évangélistes, des maisons de bûcheron aux clous rouillés et apparents avant de m’engouffrer ici.
Une nuit, les flics avec leurs rottweillers, avaient fait une descente pour déloger les adolescents frêles qui squattaient et fumaient dans les tunnels. Il y eut une surenchère de violence et puis plus rien. Seule la mélodie de black insects résonnait encore, comme le cri de guerre d’une tribu locale, alors véritable esprit des lieux.
