Depuis des mois, j’étais en rogne, je n’arrivais plus à dormir. Quand je me couchais, j’entendais, des profondeurs, le Soldat d’Ys. Je ne comprenais pas non plus les autres.
Et quand la tuile de l’Hélicéenne se fendilla sous le palais de l’homme à tête de caïman, j’eus l’intime conviction qu’il n’y avait pas de retour possible.
Ils avaient séparé les vieilles grand-mères décrépites de leurs amants portant tous comme couvre-chef des crânes de bestiaux, et ils étaient du même âge dans ce lieu unique, dans cette salle sur demande où les machines étaient déjà bien foutues ; j’aurais donné beaucoup pour dissiper ce désespoir, cette angoisse existentielle !
À la une de tous les journaux, on apprenait que ces saboteurs avaient encore frappé et ils devaient trouver ça drôle comme ils étaient tous planqués sous les ponts, et étaient tous neurasthéniques… Leur image se mettait à tanguer et passait par divers états de flou à mesure que la lumière tremblotante du crépuscule avilissant le soldat d’Ys, sortait délicatement du cadre et j’en avais mal aux yeux ; mais quelque chose clochait. Quelque chose qui côtoyait ce monde en silicone noir et tout semblait venir de plus en plus loin ! Et je retrouvais ainsi le sommeil, le chant de la pluie pour me bercer et oublier qu’au fond des profondeurs le soldat affamé d’Ys essayait de se réaccoutumer aux effets nocifs de l’Hélicéenne…
