Poésie surréaliste NotesMat15

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Les Roses de l’Europe !

La stupeur, l’ostracisme, l’élégance, la science, la violence, les aurores boréales, et même les planctons réclamaient tous un peu d’attention. Les observateurs en train d’observer, les baigneuses et les valseuses, les nageurs du pacifique et de l’atlantique, les nouveaux-nés et les damnés avaient tous pour point commun et uniquement ce poème.

Les vagues, les plages des Caraïbes, les cabanes dans les bois, la largeur douteuse des autres royaumes et la longueur étrusque des crocodiles, les mygales sous les draps embrasaient l’imagination… les addictions aux diverses substances psychédéliques, les planètes, les fonds européens, les semences, les techniciens de surface avaient été souillés par cette opprobre… les tenanciers des comptoirs d’ivoire, la lumière des rues de Lyon la nuit, les tavernes et des centaines de diamants, les mémoires de Chateaubriand les avaient tous rendu grivois.

Les quartiers chics où l’on ne voyait que des Rolls-Royce, l’Esprit et la moelle de la poésie, les mondes parallèles et les univers ainsi ensemencés, les pieuvres et leurs tentacules grappillaient encore un peu d’attention tandis qu’elle désinfectait la plaie avec de l’alcool à quatre-vingt-dix degrés… la cinématographie des métaphores visuelles, les vieux malentendus, ces malentendus honteux qui foisonnaient de royaume en royaume, les gitans cachés dans les bosquets épouvantés et les romans hallucinés des cinéastes avaient tous choisi comme temple un domicile céleste.

Les marmites pleines de rubis, les évadés d’un asile d’aliénés, les déliquescences sur leur trente-et-un, les Rolls-Royce et les grands brasiers, sans doute aussi les hyènes et la place du feu, les cendres et le centre de l’univers, le feu sacré et les ténèbres, et même Ida et ses sœurs perdaient leur temps à honorer tout ce temps perdu, à rester sage et à souffler sur les steppes comme le vent de Mongolie.

Les maléfices et les herbes, la conscience et la folie des œufs, les concepts et les concepteurs en adéquation avec l’acropole, fécondaient d’autres humeurs fétides. Les fumeurs et les irascibles hussards d’un jour étaient devenus l’incarnation même du règne des tyrans. Mais les Roses de l’Europe s’étaient fanées, le festin de Satan était enfin dressé et Satan célébrant les substances stupéfiantes rameutait d’autres convives dans sa descente… les roses de l’Europe et leurs robes pourpres unies en un fastueux bouquet tournoyaient parmi des amas duveteux de poussières, les malandrins se frottaient déjà les mains !