Poésie surréaliste NotesMat15

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Là-haut dans les alpages noirs

Pour faire bouger les ombres, elle lançait des corn-flakes et des strass sur les grands chemins, et pour faire des vagues sur le crépi jaune, on devait invoquer ces âmes drapées dans des fourrures pourries mais la route était encore longue. Et les ombres mystiques humectaient d’autres routes ; ces ombres qui n’avaient pas de limite et qui tombaient les unes après les autres comme un jour de pluie. L’insoumise voulait monter là-haut dans les alpages noirs et elle transformait mes os en craie quand elle me regardait.
Pour danser avec la Mort et la Folie, mes os étaient devenus de la craie et je n’existais plus que dans les dessins des enfants, et sur la côte ouest les vagues défilaient ailleurs que sur le crépi jaune ; c’était inlassablement la même nuit où j’avais vu passer dans un état second des trains de marchandise, dans ces tunnels où j’errais. Il y avait encore des solutions d’habitation ailleurs mais le travail et l’esprit des grandes manifestations nous hantaient encore, ce qui nous obligeait à rester ici.
Mais on n’allait pas moisir ici longtemps : là-haut dans les alpages noirs on avait inventé un poison ambré aussi fascinant que redoutable, on avait découvert que la grivoiserie des gnomes préparant ce célèbre poison pouvait piéger la logique et même les plus fortunés… Et même quand on les interrogeait avec des oracles, ils se dérobaient ayant tous perdu la raison. Puis une nuit en suivant une chouette en pleine forêt, je la retrouvais alors que je la croyais morte… et désensorcelée !