Un jour je raconterais l’histoire de sa manche où se cachent encore des carrés d’as, la plus grande partie se situe en mai mais les moyens de corriger ses ratures, avant qu’il ne soit trop tard, font osciller et vaciller la ville ; cette cité qui accueille tous un tas de malandrins ; des voleurs qui ont malgré tout trouvé la formule, les quintessences pour la faire revenir à la vie.
Et c’est une danse de la boue uniquement qui la ranimera, la grande déesse qui soigne les blessures des aborigènes ; avant qu’il ne soit trop tard aussi, quelques veuves sur le marbre fatigué de sa tombe profanée pleurent encore et se souviennent de sa vie extraordinaire. De son carnage aussi dans le jardin d’éden… et sur le visage de Sophia leur sang qui macule délicatement leurs robes luit comme une lune dessillée.
Dans la neige colorisée autour de sa chaumière, là où sa lune de miel a chopé le mal de vivre, elle s’active à rallumer dans la pénombre un feu ardent et jette au passage de petites poupées vaudous ; et les insectes alors stridulent follement au fond des bois. Régulièrement je reviens à côté de cette souche de bois mort où elle est assise, toujours en train d’alimenter ce vaste feu de bois. Des larmes tièdes et incontrôlables commencent à couler le long de notre joue jusqu’à notre bouche avant de sécher sans hâte.
Ce sont des larmes pour lesquels nous sommes devenus célèbres et les cinq grands cierges noirs qui brûlent avec vigueur en attestent, et nous prouvent qu’un oracle commence toujours par le désespoir le plus pur. Ou par un film qui ne s’attarde guère sur les plans d’ensemble, cette nuit en revanche sa bobine pourrait empiler sur plusieurs strates la rondeur d’une lune blanche, ainsi que l’épaisseur des feuillages à l’arrière-plan et la hauteur des arbres.
