Poésie surréaliste NotesMat15

• •

Fées et Sorcières évanescentes…

Le monde venait d’être enfanté, leur monde de fées et de sorcières maléfiques ; maléfiques comme la tragédie de leurs nuits profanes. Le magicien d’Oz les tutoyait lorsque les années passèrent pour refaire leur monde en prose ; à rêver de carnaval et d’aurores boréales elles étaient aussi illusionnistes : des clowns presque tristes qui cherchaient dans la gueule des crocodiles la lumière orange. Aussi orange qu’étrange comme ce peu de terre rissolée qui éclatait en croûte sur le bas-côté de leur route…

Le béton marbré aussi des cages de leurs oiseaux s’étalait en long sous le soleil en laissant tomber sournoisement une nuit verte sur leur forêt sans branche. Et c’était sexy. Un peu comme si elles avaient oublié la clé de leur maison et qu’elles devaient traîner les ruelles malfamées en nuisettes. Leur maison également construite avec la terre rissolée, et qui ne sera plus qu’une chanson élaborée par Mallarmé : un sonnet désuet descendant les quais de Seine, des stances poétiques que le dentiste de leur crocodile allait faire souffrir. Et le jour se levait enfin, corrigeait leur verbe commençant tous de bon matin par peindre des aquarelles quand les chiens d’avant-garde erraient dans le désert qu’elles avaient fait naître ; des œuvres d’art pour leur petit dernier qui avait abandonné l’idée de combler de parures grotesques les océans tumultueux que leur dictionnaire et leurs encyclopédies poussiéreuses ignoraient.