Apprendre à regarder. Anticiper l’heure de la renaissance et la fin des haricots, se baigner et arracher ces algues qui masquent les immenses océans enfantés par les cornes du diable… calmer un peu le jeu en les laissant brûler pour qu’ils croient avoir d’autres étangs à conquérir.
En distiller le suc qui sera bientôt transformé en mare, et avaler toute l’eau de la mare pour en faire de la bouillie bien grunge. Chercher ce qui motive vraiment le diable. Recenser tous ses adorateurs puis, seulement après, gravir, les jambes lourdes et le désir émoussé, les montagnes où les filles de Satan ont intercepté les messages d’Hermès. Et dans cette contrée grouillante de gnomes jouer son dernier va-tout pour qu’il nous rende notre plus substantiel souvenir.
Des ordinateurs aussi ébauchent pour nous les plus substantiels parfums tandis qu’au bout du monde, peut-être au Pérou ou en Australie, en changeant de peau et de de cartilage de vieux molochs minuscules se lovent dans la coquille d’un escargot mort. Car, oui le désert s’étend et fait de nouvelles victimes mais d’après ce que je vois des mercenaires pillant encore la planète, je me dis que tout n’est pas encore perdu, la Vénus de Milo mutilée danse encore d’ailleurs avec les Vénus de Laussel : une réconciliation entre les partisans du classicisme et d’autres personnalités nées et ayant vécu davantage aux temps préhistoriques…
Sans rancune, et sans amour et sans haine comme dirait Verlaine, je rejoins moi aussi ce soir la meute des mercenaires et consciemment on peut prédire que les dernières reliques d’une église perdue dans la brume s’évanouiront à jamais quand nous passerons dans le secteur ; une évanescence et l’émiettement de la nef basse de l’église pour tous ceux qui ont noué des liens avec nous, les répudiés. Et dans la ville basse, à quelques lieues sous notre abris souterrain, on planche déjà au renouveau de ce monde car d’autres univers éléphantesques, je le sais et nous en sommes convaincus, vont se quintupler et nous arroser de leur semence fantasmagorique comme pour étendre leur miséricorde et rouer les malandrins qui ne seront pas venus pour rien comme ça.
