« Créer au sein de l’inconscient des convictions drôlement fausses, redevenir les enfants que nous étions, recommencer la série par l’arrivée des Grands Animaux. Puis mélanger les récits tout en débutant par
Le monde de demain
Estimer à peu près la distance qui sépare l’arbre blanc des junkies… Désavouer les incomparables printemps
Goupiller les matrices mères pour qu’elles défient l’imagination
Partir pour le pays de l’Hélicéenne et des hommes à tête de caïman
Retourner dans la clairière où nous aurons tous la fulgurante révélation ; réécrire la genèse. Dans la boue danser pour que les mauvais présages s’estompent et puisque nous en sommes qu’au début détruire toutes les barrières de corail… atteindre le point culminant, inavoué, et si on ignore ces achats de dents de dragon et de boucs sacrés chercher de nouveaux euphorisants…
Rendre fous tous les dieux mais offrir des offrandes au dieu neptunien, imaginer une ville futuriste ; sanctionner par moult taxations sévères à souhait les gladiateurs qui défilent dans l’arène et après les défilés rocailleux atterrir sur Mars où les gourous alchimistes nous attendent, des hommes de boue et des hommes de l’ombre qui réfléchissent à un moyen d’économiser les ingrédients pour la soupe ou le poison, la soupe ou le poison où le médaillon acquis de haute lutte par Arthur Rimbaud est tombé…
Incendier les mausolées et si on veut un monde plus juste, écrire, quand on sera enfin accepté dans la secte, une nouvelle outrageuse, obscure. Mitrailler, au milieu des dernières ruines, les mercenaires sournois qu’on a hypnotisé magnétiquement et inconsciemment. Répudier les sérempidités asphyxiantes, souterraines, dans les entrailles de la ville. Enfin, après la danse inouïe dans la boue faire dérailler les wagons-citernes pour conjurer le sort et arriver aux portes de la ville, alors on pourra cette fois émerger du nombril de Dostoïevski.
