Poésie surréaliste NotesMat15

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Préhistoires

Quand les gencives des alligators s’effritent, des courants d’air qui ne retiennent que la poussière moite. Lorsque les dents des crocodiles se mettent à tomber, de frêles êtres qui tremblent. Et dès que leurs langues s’épaississent, la langueur lourde des Vénus de Laussel.

À mesure que leur esprit décide de se mouvoir, de la boue semblable à une pâte d’argile. Ainsi il ne reste que leur tristesse gisant dans le creux de la mâchoire des géants. Quant aux reptiles, ils jouent dans cette même boue transformée en poudre âpre. De l’extérieur on pourrait croire que les gencives des alligators vont continuer de saigner mais par excès de zèle d’autres associations d’idées sont en attente. Pour en saisir le sens, j’oriente, lorsque les Vénus de Laussel tournent la tête, le faisceau de la lampe sur leur corps nu.