Poésie surréaliste NotesMat15

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Comme un crépuscule

Des armes à la place des moignons que Burroughs rêve d’amputer. Des armes pour s’acquitter de ces montres unidirectionnelles qui rendent fous tous les chevaux et des armes pour refaçonner les éléments de leurs univers qui gaspillent l’essence et le bois de leurs planètes…
Et enfin par-dessus le marché de nouvelles armes atomiques que nous désirions posséder quand bientôt la liste des fantasmes sera dévoilée sur les téléphones, quand il nous faudra traverser à pied le boulevard périphérique sans fin. Et plus tard sur des chevaux (mais est-ce bien des chevaux) nous partirons pour abréger leurs vies, et même les moutonnements d’étoiles louperont quelque chose lors de nos attentats.
L’opération avait commencé dans un sous-sol, qui dégageait une puanteur vraiment très forte mais mon équipe de pieds nickelés n’y prêtait pas attention, elle n’avait maintenant qu’une seule idée en tête comme des chimpanzés envoyés dans l’espace et même cette nuit, qui allait être bien trop différente pour déserter ou abandonner, avait enflammé le pouvoir de notre imagination.
Construisant des barricades sur les ponts principaux avec un amas de poubelles, de planches et de poutres récupérés par ci, par là, quand les visages s’étaient mis à blêmir, on allait enfin affronter les ennemis de nos amis détruisant la pangée à tour de rôle… au petit matin, revenant seul sur les quais, je remarquais un dessinateur qui copiait à l’huile le paysage d’une carte postale, un fleuve avec des sampans et un ville au fond ; une cité où j’imaginais ma nouvelle vie, où je serais reparti de zéro commençant par un boulot de forains, où j’aurais lutiné la déesse de la rédemption et du pardon, toujours propre comme un sous neuf…