Poésie surréaliste NotesMat15

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Des dieux d’une autre trempe

Des dieux oufs, que les fêtes païennes commémorent encore, l’avaient insensibilisé, cette conscience surréaliste, aux événements tragiques de la vie ; et les karts, qui dégorgeaient encore de l’huile de vidange sur le sable rose de la ville lacustre organisant ces célébrations, avaient arrêté leur boucan pour rendre un dernier hommage à ces divinités cintrées.

Leur sanctuaire n’était qu’une passerelle pour voir d’autres mondes enfanter des univers parallèles mais on y trouvait tout ce qui était nécessaire pour diluer les terreurs nocturnes et les cauchemars des enfants et diluer aussi les nuits profanes. Et dans les salons du rez-de-chaussée, d’illustres poètes vantaient, sans vaine ostentation, leur force et leurs énergies.

Car ils étaient tempétueux, ameutaient les rafales qui détruisaient les boiseries, les cyclones qui ne laissaient plus aucun lambris sur les toits et les murs, les tempêtes défrayant les chroniques ; cependant après leur colère aussi brusque qu’opiniâtre, ils redonnaient vie à ces engins conduits par les fidèles : des têtes brûlées et bariolées aux couleurs d’une guerre honorant Athéna, des kamikazes qui n’avaient rien à envier aux mercenaires les plus sanguinaires…