Poésie surréaliste NotesMat15

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Horticulture et bouquets de nerfs

Une course de Kart qui défraye la chronique et des karts qui dégorgent encore de l’huile sur le sable rose de la ville lacustre organisant l’événement.

Puis d’autres époques, où les trains, en avançant peu à peu, prenaient de l’élan, se frayaient un chemin parmi les boutiques les plus à la mode. Juché toujours plus haut sous les dômes de glace où des enfants patinent avec des mocassins, c’était l’un de ces trains de luxe qui s’évertuait à nous pousser toujours plus loin, au-delà du crépuscule basculant du rouge au bleu nuit en passant par le jaune canari des nouveaux rivages.

C’était avant tout une transhumance d’hommes qui quittaient leurs femmes pour leur rapporter des robes de couture, curieusement lors d’un jubilé ; ces mêmes robes qui rabougrissaient comme des roses malades et au jeûne forcé. Ce qui enfantait, sans l’espoir d’une autre issue, une souffrance invisible, l’aura et le poids d’obscurantisme asphyxiant requis s’épaississant d’autant. Une douleur violente qui revenait, sans bien savoir pendant combien de temps, s’y ajoutait à présent un chatouillement insupportable sans pouvoir ni juguler ni rajuster ce bouquet de nerfs (et dont il n’était pas rare qu’en jouant le jeu, et si on était minutieux et prosaïque comme une famille mononucléaire, il apparaîtrait en contaminant les franchissements rituels de cercle, pour disparaître ensuite.)

Il y avait aussi des cercles de poètes que striaient des traînées de neige noire mais depuis que leurs péroraisons s’étaient leurrées sur leurs positions retranchés, d’autres tribus de type père-mère-enfants en avaient profité pour restreindre les ventes de jeep : ici, après la course de kart, protestant en regardant ensemble les véhicules qu’ils ne pourront jamais acquérir, ils venaient se battre comme des chiffonniers, à mort, entre eux, et au même moment, d’autres combattants se menaçaient, s’insultaient, vociféraient dans une émission de télévision, alors que d’honorables négoces auraient désenvouté les effets et les pouvoirs de ces bouquets de nerfs… en attendant qu’ils se calment, baignant dans le kéfir d’étranges animaux chiennaient dans des bassines d’où jaillissaient des araignées, inconnues dans nos régions.