Nos sangliers de trait haletaient furieusement dans la nuit… D’incomparables naïades venaient de nous usurper et la matrice mère se noyait dans un nuage de lait.
Ainsi les sauvages nous avaient bel et bien fait la peau et nos ecchymoses racontaient comment des fleurs de lotus nous avaient rossé à mort. Nos corps, dont les pieds dépassaient du linceul, souriaient de leur nudité ascétique, et nous étions peut-être perdus parmi des tempêtes de pluie et de neige mais nous étions heureux ; et, nous le savions, ce n’était pas dans cette jungle où pullulaient nos ennemis que nous allions rendre l’âme. Une sorte de jungle babylonienne qui versait dans la rouille et sentait les mégots des cendriers étincelants : juste une entrée informatique dans cet écosystème s’embarrassant, à en perdre la raison, de ruisseaux limpides. Dehors les tempêtes de pluie et de neige qui véhiculaient leurs jurons, nous revigoraient déjà… le cercle sacré des momies était loin d’être brisé !
