Elle s’ébattait dans les champs de colchiques. Et pour me glacer le sang, elle me poursuivait et courait en aspirant les nuages – des nuages qui avaient le don des formules alchimiques – mais on allait jamais jusqu’au bout, et tout s’arrêtait, notre profane tranquillité puis cette rêverie.
Des pensées qui nous jetaient dehors en crapahutant dans les sentiers, à la recherche de combattants à l’agonie, ou de poupées aux yeux mi-clos, crevant lentement sous les dunes noires. Ils étaient, ces guerriers de la route, purulents et, de leurs testaments à noircir, chialait de l’écume blanche… par comparaison, leur idole aux yeux noirs compatissants, sans que le bleu de leurs pupilles ne s’improvise, confondaient les symboles ésotériques avec d’autres espèces fantasmagoriques.
Mais déjà plaines et montagnes redevenaient étranges comme le ciel qui se passait très bien de ces inventeurs d’alambics. Alambics bizarres quand l’armée des ombres trouvait un autre point de chute, une autre mise en abîme haute comme nos catapultes ; presque rien de tangible à s’y méprendre, et donnant presque rien sinon qu’une amère vodka dont le fiel était un rêve, la somme des causes perdues ici-bas ou Là-Bas quand nous avions pour devoir de la descendre gaiement…
