Poésie surréaliste NotesMat15

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Halloween à New Delhi !

On avait plus ou moins africanisé de nouvelles divinités dans notre temple, réfutant ce que le soleil du crépuscule doré des tropiques avait ajusté pour nous. Pour ce nouvel ajustement, il s’était réfugié dans sa thébaïde, réfrénant son chagrin, son dégoût de notre manque de savoir-vivre qui le rebutait. Quant aux déesses elles s’agenouillaient à nos pieds à présent, leurs petites jonques flottantes quadrillaient le lagon, apparaissant dans le cadre vacillant d’un tableau et disparaissant de l’autre sur une autre toile…

Les joues des déités orientales quittaient les bonnes couleurs dont l’orient s’alimentait sans pour autant quintupler. À cela s’ajoutait qu’elles essuyaient leur nez avec un tissu doux et soyeux – leur culotte, peut-être, sans qu’on ose les questionner à ce sujet ; mais déjà on se querellait là-bas dans leur sanctuaire où l’on amassait tout l’or du monde pour nos déesses…
La bagarre, les hurlements commençaient dès l’ouverture du tunnel souterrain sous les dalles de marbre rose du sanctuaire mais pas de quoi s’alarmer, je n’étais plus celui qui se fait rosser à chaque conflit, et d’ailleurs j’étais le seul à avoir le droit de m’affubler en squelette comme si c’était Halloween… On me comparait parmi les miens à l’unique hindouiste ascète du coin qui, en perdant la raison, ne quantifiait plus que ses érections, aussi parcimonieuses que les moissons vertes de la contrée…