Poésie surréaliste NotesMat15

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La pluie

« Un jour, j’en ai eu assez. Assez de chercher la vacuité puisque je la portais en moi. Assez des gens peu drôles. Assez de ce que j’écrivais aussi. Alors, j’ai tout arrêté. J’ai fini la bouteille de vodka et j’ai regardé la nuit. Dans le ciel, il n’y avait que des étoiles noires… »

Les temples et les sanctuaires avaient été élevés par un système de poulie désastreux. Désastreux mais aussi ingénieux par rapport à la non-violence prônée par Ghandi et qui devait parachever la motorisation d’une véritable machine de guerre. La pluie tombait doucement d’un ciel gris d’hiver et les fidèles des temples et des sanctuaires manigançaient des traités et des pactes, à en devenir fou et illettré, à en n’écrire que des concepts, des candidatures au poste de chef de guerres ; les gouttes de cette pluie tourbillonnaient si vite, quand elle passait dans leurs sceaux de nouilles et quand ces illusionnistes quadrillaient les routes, qu’on avait l’impression que la pluie tombait à l’envers… mais la diffraction des rayons solaires la désespérait, surtout quand les guépards et les panthères noires de la jungle babylonienne rôdaient autour des bordels panaméens.
Pour mesurer l’exaltation des croyants mais aussi mémoriser tout ce qui pouvait entraîner la défaite et l’implosions de leurs sectes, on en avait traversé des enfers : les chemins enchanteurs dans la boue, la marche, les pieds nus, sur des braises, les lynchages pour chaque personne qui clochait, comme ceux des sultans sévèrement admonestés après avoir perdu leur couronne, la trépanation pour les six humains de notre groupe qui s’étaient changés en trolls. Des hommes partageant pourtant tous les bagages génétiques des autres créatures de la planète.