Poésie surréaliste NotesMat15

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Nuit de pleine lune.

Quelques frasques de notre jeunesse pour simplifier définitivement notre genèse. Comme si nous attendons la nuit de l’occident ou la sagesse de l’orient pour ferler le calme, le luxe, la volupté, pour déferler aussi avec nos idées qui doivent être aussi inutiles que de s’interroger sur leurs clauses ambiguës mais les commentateurs peuvent bien se gausser, non sans justice, ils se fourvoient malgré tout. Et comme la noirceur a son aube et est l’aube elle-même, sa description, quand elle se distille en flacons, alimente les plus folles rumeurs du sanctuaire où il n’y a que des dérives mais jamais d’état immuable, permanent ; permanent et sur lequel on peut bûcher, cependant les obstacles à un état de sérénité et de confiance en d’autres univers, on nous l’a déjà assez dit, nous permettent de devenir fort et puissant… et ainsi de casser des moellons avec nos mains et aussi d’ériger à la gloire des Guetteurs quelques statues d’éventreurs !

On dirait que les sales matinées s’enchaînent pour ces derniers et que même maintenant les dièses s’écrasent au sol comme les lustres napoléoniens, qu’ils ne maîtrisent plus vraiment rien, qu’ils se cristallisent sans pouvoir se désynchroniser de la grande matrice. Parce qu’ils ne viennent absolument pas d’un monde de fées, qu’ils ne rêvent plus de paysages insensés et d’aventures complétement déstructurées et que même les sorcières maléfiques peuvent en attester, parce qu’ils sont habitués à gérer les colères des épavistes et des planteurs des tropiques ou parce qu’ils dévaluent trop tôt ou sous-estiment ces moments gênants où l’onde amère acceuille leurs jonques flottant sur une eau sombre et que leurs propriétaires entreprenent de vider de cette substance organique pourrissante et envahissante ; bien souvent des feuilles de bananiers ou plus communément de platanes.