Construisant des barricades sur les ponts principaux avec un amas de poubelles, de planches et de poutres récupérés tandis que les lionnes à la crinière blanche paniquaient à l’idée que l’émeute s’étende, les forgerons licencieux ne savaient pas encore qu’il y avait douze geishas les attendant à la maison.
Les soirs de cuite comme ultime sépulcre, l’ennui comme une trêve avant de lézarder, les geishas étaient aussi légères que le liège, ne pesant pas plus lourd qu’un petit oiseau. Les forgerons allaient devenir d’authentiques samouraïs ; cependant ce qu’ils ignoraient encore, c’était que la lèpre dans leur cité allait décimer les derniers ménestrels contant leur exploit. Car ils avaient réussi à renverser le pouvoir en place…
Aussi la houle que le vin des forgerons asservissait avait sublimé cette sensation de liberté ; ce vin que leurs contemplations embrasaient n’avait rien d’un champagne ; cependant il avait été obtenu après bien des bidouillages, après toutes ces fêtes dans les Andes quand il tombait en cascades. Et pour ainsi dire avait fait oublier les atrocités des insurrections…
