Poésie surréaliste NotesMat15

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Le troisième œil du poète

Le troisième œil du poète pour que les ombres et leurs mystères s’abrutissent, s’envasent dans les artères de cette ville où des cloportes géants s’immiscent entre les strates des vieilles fissures le long de l’ancien cinéma. Le troisième œil du poète pour que la terre redevienne nourricière, idéalise la rage des grands cétacés… Cette rage qui sommeille pour redonner vie à une population jugée ladre et sans jugeote.

Le troisième œil du poète pour qu’un groupement d’anarchistes imagine de nouveaux graffitis et le troisième œil du poète pour que leurs yeux vitreux ne voient plus que cette mixture chinoise d’où un tas de grenouilles, déjà mortes, plonge et ainsi enfante à l’ère de l’hégire de jeunes pousses exigeant de la place. Enfin le troisième œil du poète, ou ce qui a été mélangé dans une marmaille accidentelle de pieds, pénis, nombrils, morves et rires, pour que les offrandes aux dieux indignent les ingénues avides de métal dans les oreilles et pour spéculer sur ce que les runes fantasmagoriques nous ont légué… Comme leur rituel de purification… ou la sainteté des larmes qui blanchit les couleurs d’une nuit vert-absinthe tout en se déversant dans une rivière sale ; une rivière qui ne fait que blêmir lorsque les saules pleureurs longent comme ces ombres sa rive un tantinet élégiaque !