Poésie surréaliste NotesMat15

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Les pluies diluviennes

Quelques pluies diluviennes, boueuses. Puis, sur les murs d’un sanctuaire, des motifs qui forment une moquette organique, grouillante et qui donnent l’impression ineffable d’être passé à côté.

Ce sanctuaire qui s’écroule comme les châteaux de sable ; ce sanctuaire qui n’était qu’une poudrière pour les rebelles Kurdes mais si on s’en éloigne, traversant les déserts qui le ceinturent on peut remarquer que les chemins pour retrouver ses ruines serpentent tous autour d’un abysse noir et sidéral.

Noir et sidéral comme cet enchevêtrement de bois pourri, de poutres prenant l’humidité, de ce qu’il reste aussi des anciennes barricades et même de cette verrerie pourtant si précieuse. Si précieuse au point qu’on n’a pas réussi à lui faire démordre cette idée obsessionnelle : la déconstruction du monde et de tout ce qu’il générait quand les lignes téléphoniques fonctionnaient encore ; tout ce qu’il générait et qui a finalement dégénéré, au fur et à mesure que les chiens des déserts voisins ne ramenaient de leur traque et de leur raid que des dépouilles musquées. Ainsi, ces rapts que les mondes souterrains enviaient malgré tout, ont été perpétrées par des créatures encore plus féroces et hostiles sans pour autant scinder leur âme et sans qu’aucun témoin ne puisse les dénoncer ; ces petits meurtres en silence, dépassant l’entendement que nos lois physiques et psychiques n’ont que faire à présent…