Poésie surréaliste NotesMat15

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Les sapins

Dépassant les montagnes sacrées qui longent la rivière, les sapins comme ces ombres autour de nous s’étaient revêtus d’une seule manille et d’un unique plastron, un tantinet versant dans le fantasmagorique ou l’élégiaque ; ils s’étaient revêtus ainsi pour les beaux yeux d’un dieu, à en rendre jaloux les narcisses.
Un dieu, qui de base coexistait avec les autres gangrenés, et qui avait tété le lait des grands yacks, et qui savait garder les secrets. Notamment celui qui rougeoyait au crépuscule quand le silence glacé et saoul des crabes s’emparait de ces forêts de sapin. Un silence ou juste un gargouillement lorsque les sapins se révoltaient lors des bourrasques et de leur idée obsessionnelle, leur nuit amère et leur vision terminant de vandaliser toutes les capitales.