Avant de vivre toute ma vie dans un cagibi, mon boulot était d’ornementer avec des bouts de ficelles, avec de petits morceaux de rubans, de flanelles les pattes des belles araignées de la fosse noire, d’astiquer aussi les cuivres du Titanic en train de couler. Les gargouillements pourtant bruyants de mon ventre tout comme l’odeur de la soupe aux choux qui émanait du cagibi, ne semblaient tarauder personne ; je crois qu’il ne restait plus que moi et même à l’arrêt de bus que je voyais par une petite lucarne donnant sur la rue, seules des présences fantomatiques descendaient avant de s’évanouir.
S’évanouir dans des lieux à peine croyables où je n’étais jamais allé, et dont le byzantisme attendait que le temps s’allonge et que ça se calme dehors. Et qui aimantait mes prochaines obsèques du côté de ces étranges chasseurs d’oiseaux comme s’ils étaient venus juste ici par canots pour me voir dans ma tombe, mais je reste convaincu que cette meute de survivants, les derniers hommes ayant survécu avec moi à l’apocalypse, était plus là pour cabotiner et s’amuser en mélangeant les jeux, la rigolade et les excès sans s’alarmer sur l’arrivée d’un jour de l’an désastreux…
