Poésie surréaliste NotesMat15

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Chemins noirs

Attisant le poêle qui s’éteignait par toutes ces brèches qu’on béait à tous vents, les lueurs impénétrables dans ses yeux, bleues comme les reflets saphir de la mer morte, se se nourrissaient aussi de nos chemins noirs ; revanchards, ils permutaient entre eux, et changeaient le feu diffus qu’il y avait dans ses yeux pour nous punir d’avoir penché pour d’autres sentiers davantage disjoints et moins escarpés. Et pour n’avoir pensé qu’à arpenter les hauts plateaux de l’Éthiopie que même nos rêves incinéraient après les avoir paradoxalement sauvés d’une émeute, à calciner tous les réservoirs de mazout.

L’air irrespirable de ces chemins noirs avait pour origine les conduites de Spring Street que nous avions saboté jusqu’à leur démantèlement complet, raison de plus pour se venger de notre troupe de paysans et de notre jacquerie. Et soudain elle sombra dans le néant, comme nous et on flanchait encore tandis que les chemins noirs cendraient leurs pistes innombrables que nos enfants aveugles croyaient mener à des déserts intergalactiques, ou une connerie comme ça. Et les reflets saphir de la mer morte dans ses yeux continuaient malgré tout à nous enseigner le stoïcisme le plus austère… le plus délétère aussi car elle avait l’air plus morte que la mer en question.