Poésie surréaliste NotesMat15

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Poussière et exils

Il y avait quelque chose qui végétait sous l’évier, et je me rappelle avoir dit un truc du style : « j’ai le bide en vrac, les nerfs des grands desquamés nostalgiques qui changent sur un coup de tête de maison de disques, il vaut mieux que mes yeux soient enfin dessillés et que je redevienne voyant… ».

Soudain, il y eut un formidable grondement autour de nous, et l’évier de la cuisine comme les autres éviers de la maison furent remplis de ce qui ressemblait à d’énormes ragondins qui s’ébrouaient, galopaient et zigzaguaient. Sans cette lumière qui est venu subitement sur les ailes des pies, je serais sans doute encore en train de pourrir dans un amalgame de bétons et d’aciers ; et je chercherais encore la poussière qui s’enfuie au bout de mes doigts. Et les lignes de TGV se verraient contrariées par des rafales et des incendies beaucoup trop destructeurs, les cieux hilares délimiteraient toujours l’exil de Bukowski et parmi les éventaires qu’on a trouvé dans la glace, des montres-bracelets effaceraient le temps ; ce temps à cheval entre les labyrinthes babyloniens et les catapultes panaméennes.