Poésie surréaliste NotesMat15

• •

Le Mémorial de Krishna

Les lamas s’ajoutaient à ce qui ressemblait à d’énormes ragondins qui s’ébrouaient, galopaient et zigzaguaient dans le métropolitain, et le langage informatique de notre logiciel, localisé au large d’une île onirique, s’aidait des données des plates-formes de lancement comme Cap Kennedy ainsi que d’une brochette d’informations venant de satellites interplanétaires pour clôturer cette ménagerie. À l’aveuglette.

Mais je pensais que ça ne résoudrait rien, que les chiens galeux, la plupart des labradors comme celui d’Edward, un pistard comme moi, se débrouilleraient pour contourner les barrages en laiton dans les souterrains et iraient se nicher parmi les gens hantant les métros comme des spectres.
Toutes tentatives pour passer d’un retour à la normal et les transplanter là-haut dans le mémorial de notre souverain, étaient vouées à l’échec ; alors que les statuettes de Krishna les attendaient indéfiniment, lambinant sur son marbre mémorable et voyaient leur métal se liquéfier par trop de siècles d’intranquillité, toutes coincés dans ce mémorial pour l’éternité. Pour l’éternité ou jusqu’au jaillissement des cités lacustres que notre coterie avait prédit. Et dont leurs lampadaires éclairaient encore de leur lumière opaque les potences toujours neuves, et dont la découverte conférait à notre tyran le droit impérieux de racketter tous les nids où l’on avait benné tous les crânes de grès noirs.