J’aimais bien sa bobine, je ne cessais de la regarder quand on jouait aux échecs ; et je l’avais tout de suite reconnu lorsqu’elle se baignait, entièrement nue, dans les sources chaudes et néotropicales de la contrée parmi toutes ces autres jeunes femmes… Cette nuit-là la lumière stellaire de Neptune avait dévoré toutes les pistes de danse, où les nostalgiques des engins d’Edward Fineglass s’étaient entassés pour faire la nouba…
Edward Fineglass malgré toutes les inventions qu’il avait imaginé était un vrai pied nickelé ; souvent nonchalant et toujours assis ou allongé sur un immense sofa, on croyait à la fin qu’il souffrait de neurasthénie mais il n’y avait pas mieux que sa fille, la scandaleuse libertine, pour délirer et lors de ces soirées toutes plus délurées les unes que les autres on avait mélangé les jeux et les excès, dormant débraillés dans des wagons chargés de foin. Ou portant un vieux frac noir tout déchiré avec un gilet de nankin laissant voir un plastron fripé et couvert de taches on cherchait à chaparder ce qu’il restait dans les semi-remorques. Et même un jour de carnaval, on s’était épastrouillé d’une trépidante découverte qui gisait au fond de l’un de ces réservoirs en laiton d’où une fumée kaki jaillissait alors que les autres cheminées s’enveloppaient d’une brume ou d’un brouillard à couper au couteau ainsi que d’odeurs toxiques ; on avait trouvé ce qui ressemblait à des gravures de fétichistes primitifs, des dessins où les corps des hommes avec d’énormes sexes en érection et des nymphettes vraiment très mignonnes s’appliquaient à frétiller pour d’astronomiques et d’interminables scènes de Kâma-Sûtra.
