Attisant ce qui nous rendait toujours dubitatif, cette Time Capsule, qu’on ne pouvait ajuster que par des kyrielles de procédures de vérification et de validation, corrigeait nos mouvements de jiu-jitsu à mesure qu’on s’infiltrait dans le subconscient collectif de l’espèce humaine et même du règne animalier. Je voulais m’assurer qu’il n’y avait aucun mauvais fonctionnement de l’appareil et que son lien quantique n’était pas défectueux. Alors, lors de l’une de ces intrusions au sein de l’inconscient d’un rêveur en glissant dans un trou spatio-temporel jusqu’à disparaître, je m’appropriais ses fantasmes les plus cachés, ses secrets les mieux gardés.
C’était en effet un mystérieux raccourci pour arriver dans le cerveau de ce porcin qui s’embourbait dans une boue de la même couleur que le jade ; ensuite, pendant plusieurs lunes, sans plus savoir comment j’étais parvenu jusqu’aux tréfonds oniriques et nourriciers de cette geisha couvant dans son chignon les œufs qu’on recherchait tant, j’étais dans son rêve où des mélèzes béaient à tous vents… Pendant son rêve, ses paupières fines palpitaient, telle de la soie dans le vent. Et je savais tout cela parce que la Time Capsule venait juste de réinstaller un nouveau système de sauvegarde qui ne se bornait pas seulement à nous introduire insidieusement dans les crânes, mais qui cylindrait aussi des cédéroms sauvegardant tous les événements, toutes les sensations comme les émotions, ainsi que les architectures spirituelles des projets les plus fous et toutes les autres perspectives dont l’appartenance tenait du divin… ou de la médiumnité !
