Poésie surréaliste NotesMat15

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Matin blanc

De mystérieux personnages masqués venaient de défiler dans la rue, lors de ce Grand Matin blanc qui, comme tous les matins, et comme tous les assaillants à la lune trop haute, vaporisait ce que les bagnoles en brûlant avaient laissé comme odeurs toxiques.

Et ces personnages, du fond des plaines et des icebergs d’arctiques ou d’antarctiques, biberonnaient, comme de vieux romantiques, la vodka glacée ou l’eau gelée des fontaines heuristiques. Machinalement, des ordinateurs qui rêvaient d’offrir à leur belle, par leur algorithme légèrement fêlé sur les bords, un poème genre « tes seins noirs aspergés d’essence » dirigeaient leur manifestation là où ce grand matin blanc se perdait : au fond d’un tunnel et de sa douce lumière blanche. S’accompagnant d’une sensation de flottement, comme l’ivresse infinie, il y avait encore beaucoup de routes à faire avant la fin de leur errance singulière…