Poésie surréaliste NotesMat15

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Le mémorial des pélicans

J’étais tombé sur le pélican le plus hargneux de la planète et j’avais raté l’aurore boréale qui passait au-dessus de ces montagnes qui promettaient des terres nourricières comme toutes ces immensités galactiques ; et toujours j’étais en train de chasser ce pélican, sans pouvoir cependant le garrotter, ni même l’inquiéter car il avait une bonne avance sur moi….

En rentrant j’avais trouvé dans mon carnet de moleskine comment associer à ma quête de ce genre d’oiseau, une occulte, et presque organique méthode pour le pourchasser et le capturer enfin. La nuit d’avant j’avais rêvé que je poursuivais ma route et, les fantasmagories m’accompagnant, je rejoignais une école dont l’ornithologie était la seule priorité ; un étrange établissement construit sous la croûte terrestre, mais avec un dôme immense dépassant toutes les vieilles lunes.

Dubitatif, j’avais tenté de chercher si ce pélican s’était perché au sommet de l’ouvrage mais ne voyant rien j’avais jeté un coup d’œil dans la lorgnette en tournant la manille du télescope pour ajuster le foyer de ma main gauche et celle du niveau avec la droite. Et l’image se concrétisa : ce n’était qu’un simple nid de pie d’où une belle fumée noire avait fait fuir les oisillons et qu’on pouvait retrouver au bout de l’avenue, se faufilant par la porte d’entrée ouverte d’un mémorial, le mémorial des pélicans !