Quand les jeeps commençaient à s’embourber au sommet du col de l’Izoard et qu’on voyait à l’horizon les dômes de tous ces palaces aux voûtes d’un bleu vénitien, nous nous souvenions des hivers d’autrefois, des mémoires enfouies sous la neige jadis et même de ces barrières en béton ou en laiton que les gens un peu trop gâteux prenaient pour des tables basses. Et tandis que nous nous tenions à présent là où se trouvait la pierre tombale et où quelqu’un avait creusé un trou (mon scénario le plus optimiste) j’ai pensé que la restauration de ce rêve commun allait prendre plus de temps que prévu.
Et dans cette aventure onirique onirique aussi, je me faufilais entre les plates-formes de lancement où des mélèzes s’étaient ligués pour tout envahir, et j’entendais même les gréements des voiliers au loin que les négus morphinomanes avaient engargoussé d’une poudre hallucinée et hallucinante. Et dans les marsupiaux placentas que nos moteurs avaient mollement fait vrombir, comme si à l’intérieur ça secouait tout en cylindrant les parchemins de nos rêveries, quel qu’objet oblong régressait au stade fœtal ; et qu’on mettrait en quarantaine lors de leur prochaine crémation allant surpasser toutes les espérances les plus machiavéliques et succédant toujours aux flottements les plus hagards, aux confusions les plus troubles…
