Poésie surréaliste NotesMat15

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La mousson verte

Évoluant intelligiblement et qui arrivait dans nos contrées avec plus de temps que prévu, la mousson verte dessinait dans ses flaques des rosaces intemporelles ou des moûts incas qu’on avait fait bouillir dans de grandes écuelles. Observant depuis la fenêtre de notre van des jardins botaniques qu’on aurait pu confondre avec des kibboutz, on se remémorait nos marches nuptiales et impériales de jadis, nos veillées d’armes et nos milles tragédies ainsi que nos lendemains de cuite précédant souvent nos tournées. Et qui ne diminuaient en rien les mélancolies maussades car à l’époque où l’on chantait, on fouillait presque les poubelles pour survivre ; on appartenait au mouvement punk et avait testé quasiment toutes les drogues bien avant la saison rouge, et d’après nous, seule l’Hélicéenne, un stupéfiant que l’intelligentsia de notre pays croyait imaginaire, permettait d’entrer en contact avec n’importe quelle machine dotée d’une intelligence artificielle : « Alors directement dans notre cerveau, les inséminations des idées piquées dans les processeurs des ordinateurs les plus sophistiqués, tout comme pour les algorithmes, nous inspiraient des poèmes immémoriaux pour de jolies filles fanfaronnant avec les malandrins. »